Le confinement. Voilà bien une situation inédite qu'une grande partie d'entre nous a découverte au printemps 2020. Se posait alors une question devenue soudain très concrète : comment bien vivre le confinement ? Difficile d'y répondre de façon universelle, et très honnêtement nous n'avons jamais eu la prétention, chez Blog Sympa, de détenir les meilleures ni les seules astuces pour traverser au mieux une telle période. Nous avions toutefois décidé de partager les nôtres, en nous disant que si cela pouvait aider certaines et certains, alors ce serait toujours utile. Avec le recul, ces repères gardent leur intérêt, car ils valent aussi pour bien d'autres situations où l'on se retrouve durablement chez soi.

Nous avions alors regroupé nos idées autour de quelques thèmes simples : l'information, les loisirs, l'alimentation et l'activité physique, sans oublier l'organisation du quotidien, le lien avec les autres et le moral. Voici, avec le recul, ce que nous en retenons.

S'informer sans se laisser submerger

Il faut bien reconnaître que, dans une période aussi particulière, s'informer n'était pas toujours chose simple. En effet, selon les sources d'information choisies, il fallait trier le bon grain de l'ivraie, et même en disposant d'une ou de plusieurs sources fiables, il faut admettre que s'informer dans un tel contexte se révélait bien plus anxiogène qu'à l'accoutumée. Le flot continu de nouvelles, souvent inquiétantes et parfois contradictoires, pouvait rapidement peser sur le moral et donner l'impression de ne plus penser qu'à cela.

Un bon moyen de continuer à s'informer sans s'y noyer consistait à le faire à petites doses, avec la ou les sources retenues, puis à passer rapidement à autre chose une fois cela fait : un repas, un peu d'exercice physique, un moment de détente. Trois activités pour lesquelles nous partagions justement quelques conseils. Cette hygiène de l'information reste un principe précieux : choisir des sources sérieuses, privilégier les canaux officiels pour les questions de santé, éviter de rafraîchir en boucle les fils d'actualité et se fixer des moments dédiés plutôt que de rester connecté en permanence.

Il était également utile de garder à l'esprit qu'en matière de santé, les informations les plus fiables provenaient des autorités sanitaires et des professionnels, et non des rumeurs qui circulaient volontiers sur les réseaux. Prendre l'habitude de vérifier une information avant de la partager, et de se référer aux sources officielles en cas de doute, permettait de limiter la diffusion de fausses nouvelles et, accessoirement, de préserver un peu sa propre sérénité. Ce réflexe de recul critique demeure valable bien au-delà de cette période particulière.

Se divertir et se changer les idées

Dans une telle période, il était particulièrement important de pouvoir se changer les idées. Ainsi, tous les loisirs qui pouvaient être pratiqués gagnaient à l'être pour aider chacun à penser à autre chose qu'au Covid-19 et à vivre au mieux le confinement. Difficile de dresser une liste exhaustive, mais voici, pêle-mêle, un éventail de loisirs et d'activités dans lesquels chacun pouvait piocher selon ses envies, en se disant peut-être « tiens, c'est vrai, je n'y avais pas pensé ».

  • Lire des livres ou des magazines mis de côté depuis longtemps.
  • Regarder des films et des séries qui attendaient sagement d'être découverts.
  • Prendre des nouvelles de ses proches et se raconter des histoires ou des blagues.
  • Se plonger dans ses albums photos pour se remémorer de bons moments, sur papier ou sur l'ordinateur.
  • Rallumer une vieille console de jeux vidéo et replonger un instant en enfance.
  • S'essayer au scrapbooking et créer soi-même de petits objets décoratifs.
  • Faire des mots croisés, suivre des jeux à la télévision ou organiser des jeux en famille et entre proches lorsque l'on était confiné à plusieurs.

L'idée directrice était simple : varier les plaisirs pour éviter la monotonie et se ménager, chaque jour, des moments réellement agréables. Beaucoup de personnes ont d'ailleurs profité de cette parenthèse pour redécouvrir des activités délaissées, se lancer dans la cuisine, apprendre les rudiments d'un instrument ou entamer de petits projets créatifs longtemps repoussés faute de temps. Ces occupations, en apparence anodines, jouaient un rôle précieux en donnant du rythme aux journées et en offrant à l'esprit de véritables respirations. Alterner les activités calmes et les activités plus dynamiques, les moments seuls et les moments partagés, permettait d'éviter la lassitude et de garder un certain entrain au fil des semaines.

Il est bon de rappeler que se divertir n'avait rien de futile dans un tel contexte. Le rire, le jeu et le plaisir participaient pleinement à l'équilibre général et aidaient à tenir le coup sur la durée. S'autoriser ces parenthèses légères, sans culpabilité, faisait partie intégrante d'une bonne manière de traverser la période, au même titre que le fait de s'informer ou de prendre soin de son alimentation.

Bouger et bien s'alimenter à la maison

Dernier point sur lequel nous souhaitions donner quelques conseils pour bien vivre le confinement : les habitudes alimentaires. Durant cette période, une grande partie de la population se retrouvait bien plus sédentaire qu'à l'ordinaire, pour la bonne cause. Il devenait de fait plus difficile de s'alimenter correctement, car l'approvisionnement était parfois plus délicat et les précautions à prendre n'étaient pas toujours compatibles avec une nourriture saine et équilibrée. Dans ce contexte, l'important était de faire au mieux, sans culpabiliser, tout en gardant en tête quelques repères simples.

Il valait mieux, dans la mesure du possible, conserver des habitudes alimentaires adaptées et maintenir un minimum d'exercice pour ne pas hériter d'autres soucis de santé, certes bien moins graves, mais guère agréables pour autant. Bouger un peu chaque jour, même à la maison, aide à préserver la forme et le moral : quelques étirements au réveil, des exercices simples sans matériel, un peu de gymnastique douce ou une séance guidée trouvée en ligne suffisaient déjà à rompre la sédentarité.

Enfin, pour celles et ceux qui avaient la chance de disposer d'un balcon, c'était l'occasion de se dégourdir les jambes, les bras et les mains, notamment aux alentours de vingt heures. Ce n'était peut-être pas grand-chose en apparence, mais pour beaucoup, ce petit rituel quotidien signifiait énormément : un moment d'air, de lumière et parfois de lien avec le voisinage, qui ponctuait la journée et rappelait que l'on n'était pas complètement seul. Ceux qui disposaient d'un jardin ou d'un extérieur en profitaient de la même manière, tandis que les autres pouvaient au moins ouvrir grand une fenêtre chaque jour pour aérer le logement et prendre un peu l'air, ce qui restait bénéfique pour le corps comme pour le moral.

Il pouvait aussi être bénéfique de s'accorder de véritables coupures loin des écrans. Après des journées passées à travailler, à s'informer et à communiquer par le biais d'appareils numériques, ménager des moments totalement déconnectés, autour d'un livre, d'une activité manuelle ou d'un instant de calme, reposait l'esprit et aidait à mieux dormir. Cette respiration numérique, souvent négligée, s'est révélée précieuse pour beaucoup et demeure une bonne habitude à conserver bien au-delà de tout confinement.

Structurer ses journées et apprivoiser le télétravail

Se donner un cadre à la maison

L'un des grands enseignements de cette période fut l'importance d'un cadre. Lorsque les repères habituels, comme les trajets, les horaires de travail ou les rendez-vous, disparaissent d'un coup, les journées peuvent vite se ressembler et perdre toute structure. Se fixer une routine, même souple, aidait à garder le cap : se lever et se coucher à des heures régulières, s'habiller comme pour une journée ordinaire, planifier ses tâches et ménager des pauses donnaient du relief au temps et évitaient le sentiment de flottement.

Découper la journée en plages dédiées, avec des moments pour le travail, les repas, l'activité physique, les loisirs et le repos, permettait de préserver un équilibre. Il était tout aussi utile de délimiter, autant que possible, des espaces distincts dans le logement : un coin pour travailler, un autre pour se détendre. Même dans un petit appartement, cette séparation symbolique aidait l'esprit à passer d'un mode à l'autre et à ne pas avoir l'impression de vivre en permanence au même endroit et dans la même activité.

Trouver ses repères en télétravail

Pour beaucoup, le confinement a rimé avec la découverte, parfois brutale, du télétravail à temps plein. Travailler depuis chez soi présente des avantages, mais demande aussi une organisation particulière pour rester efficace sans s'épuiser. Aménager un poste de travail confortable, à une hauteur correcte et avec une bonne lumière, faisait une réelle différence sur la durée, tout comme le fait de ranger ce poste en fin de journée pour marquer symboliquement la fin du travail.

La question des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle s'est posée avec une acuité nouvelle. Sans le trajet qui séparait autrefois le bureau du domicile, il devenait facile de commencer trop tôt et de terminer trop tard. Se fixer des horaires clairs, s'accorder de vraies pauses, et savoir couper les outils de travail le soir aidaient à préserver son équilibre. Côté organisation d'équipe, communiquer régulièrement, se donner des points d'étape et rester bienveillant les uns envers les autres permettait de compenser l'absence de contacts informels et de maintenir la cohésion malgré la distance.

Garder le lien et vivre à plusieurs

Entretenir les liens à distance

L'isolement fut sans doute l'une des difficultés les plus partagées durant le confinement. Privés des rencontres habituelles, beaucoup ont mesuré à quel point les liens sociaux comptent dans l'équilibre du quotidien. Heureusement, les moyens de communication modernes ont permis de garder le contact : appels téléphoniques, messages, appels vidéo en famille ou entre amis sont devenus de précieux rendez-vous, parfois plus réguliers qu'en temps normal.

De nombreuses initiatives ont vu le jour pour entretenir cette convivialité malgré la distance, qu'il s'agisse d'apéritifs organisés par écran interposé, de jeux en ligne partagés à plusieurs, de clubs de lecture virtuels ou de simples nouvelles prises régulièrement auprès de personnes plus isolées. Prendre des nouvelles d'un voisin âgé, proposer son aide pour des courses ou un service, ou simplement échanger quelques mots depuis le pas de la porte rappelaient que la solidarité de proximité avait toute sa place. Ces gestes simples ont souvent laissé de beaux souvenirs et resserré des liens que la routine avait parfois distendus.

Le confinement en famille

Pour les foyers avec enfants, le confinement a représenté un défi supplémentaire. Concilier travail à distance, école à la maison, tâches domestiques et vie de famille sur un espace parfois réduit demandait une bonne dose de patience et d'organisation. Instaurer un emploi du temps clair, avec des plages consacrées aux devoirs, aux jeux, aux repas et au repos, aidait les enfants à conserver des repères rassurants et facilitait grandement la vie des parents.

Il était important, aussi, de doser les attentes et de ne pas viser la perfection. Les enfants ressentaient l'ambiance générale et pouvaient être déstabilisés par la rupture de leurs habitudes. Leur expliquer la situation avec des mots simples, adaptés à leur âge, les rassurer et leur ménager des moments de jeu et de complicité comptaient autant que le suivi scolaire. Les activités partagées, comme cuisiner ensemble, bricoler, dessiner, jardiner sur un balcon ou organiser de petits jeux, transformaient certaines contraintes en occasions de passer du temps de qualité en famille, ce qui a laissé à beaucoup de bons souvenirs malgré le contexte.

Enfin, chacun avait besoin de son espace, y compris les plus jeunes. Ménager, quand c'était possible, des moments où chacun pouvait s'occuper de son côté aidait à préserver l'harmonie du foyer. Alterner les temps collectifs et les temps individuels évitait la sensation d'être en permanence les uns sur les autres, une difficulté bien réelle dans les logements exigus où l'intimité se faisait rare.

Prendre soin de son moral et en tirer des enseignements

Occuper l'esprit et se lancer de petits projets

Le temps libéré par l'arrêt de nombreuses activités habituelles a offert, pour certains, une occasion inattendue d'explorer de nouveaux horizons. Apprendre une langue, s'initier à un instrument, se mettre au dessin, à la couture ou à la pâtisserie, suivre des cours en ligne gratuits ou se plonger dans des documentaires furent autant de façons d'occuper utilement les journées tout en gardant l'esprit en éveil. Se fixer un petit projet à mener sur la durée donnait un objectif motivant et un sentiment de progression bienvenu.

Le confinement fut aussi, pour beaucoup, le moment idéal pour venir à bout de tâches sans cesse repoussées : trier des papiers, ranger des placards, réorganiser un espace, réparer de petites choses ou faire du tri dans ses affaires. Ces activités concrètes procuraient une satisfaction immédiate et l'agréable impression d'avoir mis à profit une période contrainte. Elles rythmaient utilement les journées et donnaient le sentiment d'avancer, ce qui contribuait grandement au moral.

Ménager son esprit

Vivre une période aussi inhabituelle pouvait peser sur le moral, et il n'y avait aucune honte à le reconnaître. La fatigue, l'incertitude, l'ennui ou l'inquiétude étaient des réactions bien compréhensibles face à une situation que personne n'avait choisie. S'accorder de la bienveillance, accepter que tout ne soit pas parfait et ne pas se comparer aux images idéalisées que l'on pouvait voir circuler constituaient déjà une forme de protection pour l'esprit.

Quelques habitudes simples aidaient à préserver un certain équilibre : maintenir un sommeil régulier, s'exposer à la lumière du jour, bouger un peu, limiter la surconsommation d'informations anxiogènes et conserver des projets, même modestes, à l'échelle de la semaine. Se concentrer sur ce que l'on pouvait maîtriser, plutôt que sur ce qui échappait à tout contrôle, allégeait la charge mentale. Et surtout, lorsque le mal-être devenait trop lourd ou durable, il ne fallait pas hésiter à en parler et à se tourner vers un professionnel de santé ou vers les dispositifs d'écoute prévus à cet effet, qui restent les interlocuteurs les plus indiqués dans ces moments.

Ce que cette période a pu nous apprendre

Avec le recul, cette période singulière a laissé plus qu'un souvenir contraignant. Beaucoup de personnes en ont retiré des enseignements durables sur leur rapport au temps, au travail, aux proches et à leur logement. Certaines ont redécouvert le plaisir de cuisiner, de lire ou de bricoler ; d'autres ont pris conscience de l'importance de sortir, de bouger et de voir du monde ; d'autres encore ont adopté de nouvelles façons de travailler ou de rester en contact qui se sont ensuite installées durablement dans leurs habitudes.

Il n'existe pas de recette miracle pour traverser sereinement une longue période à la maison, et chacun a fait de son mieux avec ses moyens et son contexte. Les quelques repères évoqués ici, autour de l'information, des loisirs, de l'alimentation, de l'activité physique, de l'organisation et du lien social, ne prétendent pas à l'exhaustivité. Ils rappellent simplement qu'en prenant soin de son quotidien, de son corps et de son moral, et en gardant le contact avec les autres, il est possible de rendre bien plus supportables des situations qui, au premier abord, semblaient particulièrement pesantes. C'est peut-être là l'essentiel à retenir de cette expérience partagée.

Ces repères ne concernent d'ailleurs pas uniquement le souvenir du confinement. Ils restent utiles chaque fois que l'on doit passer une longue période à la maison, que ce soit pour des raisons de santé, de météo, de travail ou de choix personnel. Prendre soin de son rythme, entretenir ses liens, bouger un peu, s'occuper l'esprit et savoir demander de l'aide au besoin sont des principes simples et universels. En ce sens, cette période difficile aura au moins eu le mérite de rappeler à beaucoup d'entre nous à quel point ces petites attentions du quotidien comptent pour se sentir bien, chez soi comme ailleurs.

N.O.